Le bon Göring par Christoph Gunkel – Der Spiegel, le 2 mai 2012

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Le bon Göring par Christoph Gunkel – Der Spiegel, le 2 mai 2012

Au centre-ville de Vienne sous le régime nazi, deux membres des SA avaient décidé d’humilier une vieille femme. Une foule s’était rassemblée et se moquai alors que les stormtroopers lui avaient accroché un panneau autour du cou  portant les mots «Je suis un sale juive ». Soudain, un homme de grande taille avec un front haut et la moustache épaisse fendit  foule et en colère il libéra la femme. « Il y avait une bagarre avec deux stormtroopers,  je les ai frappé et j’ai été arrêté immédiatement » ,dit l’homme plus tard dans un communiqué.

Malgré cet acte de rébellion ouverte, l’homme a été relâché immédiatement. Il n’avait qu’à dire son nom: Albert Göring, le frère de Hermann Göring, le commandant de la force aérienne allemande et plus proche confident de Hitler.

Des années plus tard, après la chute du Troisième Reich, Albert Göring a été arrêté une fois de plus, cette fois par les Américains. Encore une fois, il a donné son nom, mais cette fois cela a eu l’effet inverse. L’enquéteur américain Paul Kubala écrivit le 19/09/1945: « L’interrogatoire d’Albert Göring … constitue aussi un habile morceau de » white wash » de rationalisation jamais rencontré par le SAIC (septième interrogatoire Armée Centre) « 

L’interprète de Kubala, Richard Sonnenfeldt , fut également sceptique. « Albert a raconté une histoire fascinante que j »avais du mal à croire ».

La vie du jeune frère de Hermann Göring semble en effet une histoire fascinante et restée pour l’essentiel inconnue des décennies, près de sept depuis la fin de la dictature nazie. Peut-être que c’est parce qu’ aujourd’hui, beaucoup ont la même réaction que les enquêteurs américains eurent : Est-il vraiment possible que le frère de Hermann Göring ait été  membre de la résistance …?

« Cela fait maintenant quatre mois qu’on m’a volé ma liberté, sans savoir pourquoi, » écrit Albert Göring en Septembre 1945 dans une lettre adressée le cœur lourd à sa femme. Il s’était rendu volontairement aux Américains le 9 mai 1945. Après des années d’effort pour essayer de contrecarrer les politiques de son frère par divers petits moyens, , il se sentit maintenant trahi. Il prit alors une plume et un papier et écrivit une liste alphabétique de 34 noms, mettant en titre: «Les gens pour la vie ou l’existence desquels je me mets moi-même en danger pour les sauver  (trois mandats d’arrêt Gestapo!) . »
Pendant des décennies, cette liste et les quelques autres documents existants sur Albert Göring restèrent assis dans les archives, recouverte de poussière …. En 1998, William Hastings Burke [bien qu'australien ], puis 18 … a amassé de l’argent pour un billet pour l’Allemagne …. [Il ] consacra les trois années suivantes …à passer au peigne fin les archives et les réunions avec des amis et membres de la famille de personnes qu’Albert Göring aurait aidées. Résultat :«Trente quatre », un livre nommé d’après la liste Albert Göring, publié en 2009. La traduction allemande sera publiée le 21 mai sous le titre « Hermanns Bruder:? Wer war Albert Göring» ou «Frère Hermann: Qui était Albert Göring? »

Le livre de Burke décrit un homme qui n’aurait pas pu être plus différent de son frère infâme. «Il était toujours exactement le contraire de moi, » a déclaré Hermann dans un communiqué après la guerre. « Il n’a pas été intéressé par la politique ou l’armée, comme je l’étais …. » Au début, Albert a donc simplement essayé de rester éloigné des pratiques National-Socialistes. Ingénieur en mécanique, il a choisi de ne pas adhérer au parti nazi, et de passer à Vienne, en Autriche en 1928 …. Mais la politique de puissance mondiale qu’Albert détestait tant, et que son frère ambitieux promouvait, l’a rattrapé là-bas avec l’annexion en 1938 de  l’Autriche par l’Allemagne nazie.

À un certain moment, Albert décida qu’il voulait aider plutôt que de fermer les yeux. Il aida  par exemple Oskar Pilzer, président de Tobis-Sascha-Filmindustrie, la plus grande société autrichienne de production cinématographique …. Quand la Gestapo a arrêté le magnat de film en Mars 1938, Albert Göring est intervenu. « Albert Göring a utilisé la puissance de son nom de famille et fit tout pour les arrêter, d’abord pour savoir où mon père était et puis pour s’assurer qu’il avait été libéré immédiatement »,  témoigna plus tard le fils de George Pilzer.

Ce n’était pas un incident isolé, et de nombreuses personnes avaient le même témoignage à présenter après 1945. Alexandra Otzop, par exemple, a rappelé, « Mon mari et son fils … ont été persécutés à l’automne de 1939. M. Göring a réussi à obtenir de les déplacer, au lieu d’être envoyé dans un camp de concentration. « On dit que Albert Göring est encore une fois descendu se battre dans une rue de Vienne, par solidarité avec les femmes qui ont été victimes d’intimidation par stormtroopers …. Tandis que son frère était à pied d’œuvre à perfectionner son armée de l’air, Albert obtenait des faux papiers, mettait en garde les amis d’arrestations imminentes et donnait de l’argent aux réfugiés. Encore et encore, il habilement utilisé son nom pour intimider les fonctionnaires ….

À la fin de 1939, le plus jeune des Göring prend  lui-même  une position influente pour  devenir responsable du service export de l’usine automobile Skoda dans la ville tchèque de Brno. De cette position, il a soutenu la résistance tchèque, témoignèrent plus tard des militants. Si leurs déclarations sont exactes, Albert Göring a même révélé … le plan allemand  de rompre le pacte de non-agression avec l’Union soviétique. Les combattants de la résistance tchèque déclarèrent ensuite que cette information sensible était passée avec succès à Moscou et à Londres.

Mais même cela n’est pas toute l’histoire. Göring est également soupçonné d’avoir sauvé les prisonniers du camp de concentration de Theresienstadt en 1944. « Il a dit, je suis Albert Göring de Skoda. J’ai besoin de travailleurs, « Jacques Benbassat, le fils d’un associé d’Albert, raconta plus tard. « Il a rempli le camion avec les travailleurs, et le directeur du camp de concentration a accepté parce qu’il était Albert Göring. Puis il les a conduit dans les bois et les a libérés.  »

Un certain nombre de notes se retrouvent dans les fichiers allemands qui prouvent que ces histoires ne sont pas simplement fabriquées. Le bureau de la Gestapo de Prague , par exemple, se plaint que le bureau de Göring de l’usine Skoda est «un véritable centre névralgique pour les  ‘pauvres’  Tchèques. » Le général de la police de Prague, le SS-Obergruppenführer Karl Hermann Frank … demande la permission de l’arrêter [Albert] en 1944 pour des «raisons profondes de suspicion. » Maintenant l’homme qui avait aidé les autres à s’échapper était devenu le persécuté ….

Alors que Hermann Göring, condamné à Nuremberg, échappe à l’exécution en se suicidant en Octobre 1946, les Américains continuait de suspecter d’Albert Göring après la guerre …. Bien que le dernier d’une série de travailleurs sociaux recommandait sa libération, Göring fut remis à la République tchèque traduit à Prague pour crimes de guerre possibles, parce que Skoda fabriquait aussi des armes.

Ce n’est qu’après que de nombreux anciens employés de Skoda eurent témoigné au nom de Göring  que les accusations ont été levées, et Göring fut acquitté en Mars 1947. Il mourut en 1966 dans une banlieue de Munich en homme pauvre et amère. En dépit d’être un ingénieur hautement qualifié, il avait été incapable de trouver du travail dans l’après-guerre en Allemagne. Être le frère d’Hermann Göring est un fait qui a probablement sauvé sa vie dans le passé mais qui s’est avéré finalement être une malédiction.

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THE GOOD GÖRING
Christoph Gunkel
Der Spiegel, May 2, 2012

In downtown Vienna under the Nazis, two members of the SA had decided to humiliate an old woman. A crowd gathered and jeered as the stormtroopers hung a sign bearing the words “I’m a dirty Jew” around the woman’s neck. Suddenly, a tall man with a high forehead and thick mustache pushed his way angrily through the mob and freed the woman. “There was a scuffle with two stormtroopers, I hit them and was arrested immediately,” the man later said in a matter-of-fact statement.

Despite this open act of rebellion, the man was released immediately. He only had to say his name: Albert Göring, brother of Hermann Göring, the commander of the German air force and Hitler’s closest confidant.

Years later, after the fall of the Third Reich, Albert Göring was arrested once again, this time by Americans. Again he gave his name, but this time it had the opposite effect. “The interrogation of Albert Göring…constitutes as clever a piece of rationalization and ‘white wash’ as the SAIC (Seventh Army Interrogation Center) has ever seen,” American investigator Paul Kubala wrote on September 19, 1945.… Kubala’s interpreter, Richard Sonnenfeldt, was likewise skeptical. “Albert told a fascinating story, but one I had trouble believing,” he commented.

The life of Hermann Göring’s younger brother indeed makes a fascinating story, one that has remained essentially unknown in the nearly seven decades since the end of the Nazi dictatorship. Perhaps it’s because today many have the same reaction that the American investigators had then: Can it really be possible that Hermann Göring’s brother was a member of the resistance?…

“It has been four months now since I was robbed of my freedom, without knowing why,” Albert Göring wrote in September 1945 in a heavy-hearted letter to his wife. He had turned himself over to the Americans voluntarily on May 9, 1945. After spending years trying to thwart his brother’s policies in various small ways, now he felt betrayed. So he took up a pen and paper and wrote an alphabetical list of 34 names, entitling it “People whose life or existence I put myself at risk (three Gestapo arrest warrants!) to save.”

For decades, that list and the few other existing documents on Albert Göring sat in archives, gathering dust.… In 1998, [however, Australian] William Hastings Burke, then 18…scraped together the money for a ticket to Germany.… [He] devoted the next three years…combing through archives and meeting with friends and family members of people Albert Göring was said to have helped. The result was “Thirty Four,” a book named after Albert Göring’s list, published in 2009. The German translation will be released on May 21 under the title “Hermanns Bruder: Wer war Albert Göring?” or “Hermann’s Brother: Who was Albert Göring?”

Burke’s book describes a man who could not have been more different from his infamous brother. “He was always the exact opposite of me,” Hermann said in a statement after the war. “He wasn’t interested in politics or the military, and I was.…” At first, Albert thus simply tried to keep out of the National Socialists’ way. A mechanical engineer, he chose not to join the Nazi Party, instead moving to Vienna, Austria in 1928.… But the world-power politics Albert so hated, and which his ambitious brother promoted, caught up with him there with the 1938 annexation of Austria to Nazi Germany.

At some point, Albert decided he wanted to help instead of turning a blind eye. For example, he helped Oskar Pilzer, former president of Tobis-Sascha-Filmindustrie, Austria’s largest film production company.… When the Gestapo arrested the film mogul in March 1938, Albert Göring intervened. “Albert Göring used the power of his family name and pulled out all the stops, first to find out where my father was and then to make sure he was released immediately,” Pilzer’s son George later testified.

That was no isolated incident, and many people had similar testimony to present after 1945. Alexandra Otzop, for example, recalled, “My husband and his son…were persecuted in the fall of 1939. Mr. Göring managed to get them deported, instead of being sent to a concentration camp.” It’s said that Albert Göring once even got down on his hands and knees to scrub a street in Vienna, out of solidarity with women who were being bullied by stormtroopers.… While his brother was hard at work perfecting his air force, Albert obtained fake papers, warned friends of impending arrests and provided refugees with money. Again and again, he deftly used his name to intimidate public officials.…

In late 1939, the younger Göring himself took an influential position, becoming export manager for the Skoda automobile factory in the Czech city of Brno. From this position, he supported the Czech resistance, activists later testified. If their statements are accurate, Albert Göring even revealed…[Germany’s] plan to break the non-aggression pact with the Soviet Union. This sensitive information, the Czech resistance fighters stated, was successfully passed on to Moscow and London.

But even that isn’t the whole story. Göring is also believed to have saved prisoners from the Theresienstadt concentration camp in 1944. “He said, I’m Albert Göring from Skoda. I need workers,” Jacques Benbassat, the son of an associate of Albert’s, later related. “He filled the truck with workers, and the concentration camp director agreed to it, because he was Albert Göring. Then he drove into the woods and released them.”

A number of notes turn up in German files that prove these stories were not simply made up. The Gestapo’s Prague bureau, for example, complained that Göring’s office at the Skoda factory was “a veritable nerve center for ‘poor’ Czechs.” The general of the Prague police, SS-Obergruppenführer Karl Hermann Frank…asked permission to arrest [Albert] in 1944 on “profound grounds for suspicion.” Now the man who had helped others escape became the persecuted one.…

While Hermann Göring, sentenced in Nuremberg, escaped execution by committing suicide in October 1946, the Americans remained suspicious of Albert Göring after the war.… Although the last of a series of caseworkers did recommend his release, Göring was turned over to the Czech Republic and tried in Prague for possible war crimes, because Skoda had also manufactured weapons.

Only after many former Skoda employees testified on Göring’s behalf were the charges dropped, and Göring was acquitted in March 1947. He died in 1966 in a Munich suburb, an impoverished and bitter man. Despite being a highly qualified engineer, he had been unable to find work in postwar Germany. Being Hermann Göring’s brother, a fact that likely saved his life in the past, ultimately became a curse.

Interview de Nikos Michaloliakos, dirigeant du parti néonazi Aube Dorée

      Dans une interview accordée au journal L’Illustré, le chef du groupe                     parlementaire néonazi élu le 6 mai dernier a une fois encore répété les propos  négationnistes (en Grèce, le négationnisme n’est pas condamnable), racistes homophobes qu’il colporte depuis qu’il a fondé son parti, en 1983.

 Lors d’une récente interview, vous avez nié l’existence des fours crématoires et des chambres à gaz et mis en doute le camp de la mort d’Auschwitz. Confirmez-vous ces propos?

Je ne sais rien de cette histoire. Quand Hitler est mort, je n’étais pas né. Tout ce que je peux dire, c’est que l’Holocauste, c’est de la propagande. Des historiens sans aucun lien avec le nazisme l’ont dit avant moi.

Vous confirmez donc ces propos?
J’ai parlé de ces choses. Je le redis, l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs et se résume souvent à un tissu de mensonges et de propagande. Si Hitler était un ennemi de la nation grecque, pour son peuple, c’était un grand leader.

Parler en ces termes de l’Holocauste est choquant… (Il coupe brutalement la parole.)
Stop Holocaust ! Finish !

On dit que votre parti n’accepte que des Grecs de souche…
Parmi nos militants actifs, nous avons deux membres dont les épouses sont l’une Américaine et l’autre Roumaine. Nous sommes ouverts.

Mais les militants sont Grecs de souche?
Il faut au moins deux à trois générations pour pouvoir revendiquer la nationalité grecque. C’est le sens de notre slogan «Sang et honneur». Certains disent que nous sommes racistes, je n’ai aucun problème avec ça.

 
Racistes, antisémites et homophobes…
Les homosexuels ne sont pas des gens normaux. Si je l’étais, je n’en serais pas fier. Peut-être y en a-t-il au sein du parti. Une chose est sûre: celui qui se déclarerait ouvertement pédé (sic) ne serait pas le bienvenu parmi nous.

Difficile, avec un tel discours, de réfuter les termes de néonazi et de fasciste
Ecoutez, nazi est un mot allemand et fasciste un mot italien. Moi, je suis Grec. Un nationaliste et un patriote grec. Et je vous rappelle que lors des deux guerres mondiales, la Grèce appartenait au camp des Alliés. Et qu’a-t-elle reçu en retour pour sa loyauté? Rien. Quand je vois comment la Turquie est favorisée par les Occidentaux, je suis dégoûté.

Malgré vos efforts pour lisser un peu votre image, la presse grecque continue à vous surnommer le Führer…
C’est ridicule. Führer est aussi un mot allemand. Il ne me représente pas.

Tant dans vos écrits qu’à travers les symboles de votre parti, à commencer par son emblème, les références au nazisme ne manquent pourtant pas…
L’emblème du parti n’a rien à voir avec la croix gammée comme l’affirment certains. Il fait référence à un idéogramme de la Grèce antique. Quant à mes articles, ils sont plus philosophiques que politiques. J’en ai fait quelques-uns en rapport avec la pureté de la race, d’autres sur le message de paix instillé par Rudolf Hess en 1941 (ndlr: l’un des inspirateurs du national socialisme aux côtés de Hitler). Je ne regrette rien.

Quelle est votre position par rapport à Israël?
Israël est loin de la Grèce. Nous n’avons rien en commun avec ces gens-là.

Vous défendez l’idée de la race grecque supérieure…
C’est faux. Je défends l’idée que toutes les races sont différentes sans en considérer une comme supérieure. Je dis en revanche que les Grecs anciens ont créé une civilisation supérieure dont le monde profite encore aujourd’hui.

Quelle relation votre parti entretient-il avec ses homologues européens?
Aucune relation. Si c’était le cas, vous le sauriez déjà.

Et l’UDC suisse, vous connaissez?
Un peu. Je l’ai découverte à travers l’affiche des moutons qui m’a surpris mais que j’ai trouvée très bien. J’ai également lu des articles intéressants sur les référendums que ce parti a menés à bien. Soumis à votation en Grèce, ces mêmes objets seraient largement soutenus par le peuple.

Vous voulez parler de l’interdiction des minarets et du renvoi des criminels étrangers?
Oui. La Grèce est un Etat orthodoxe qui ne doit en aucun cas devenir laïc. Dès lors, nous nous opposons à toute construction ou création de mosquée. Quant au renvoi des criminels étrangers, il coule de source. Savez-vous qu’en Grèce des immigrés tuent pour un euro?

Les immigrés, voilà un thème qui vous est cher. Des gens que vous rêvez d’expulser jusqu’au dernier…
Qui sont les victimes? Les 3,5 millions d’immigrés illégaux qui détruisent notre économie et notre système social ou les Grecs qui vivent avec presque rien? On ne rêve pas de chasser les immigrés, on veut simplement défendre les Grecs contre leur criminalité.

Est-ce ce que vous avez dit à votre président de la République dimanche dernier, lorsque vous l’avez rencontré?
Absolument. Je lui ai également fait remarquer que le 6 mai, le peuple grec avait voté à 70% contre le mémorandum imposé par la troïka et que, dès lors, cet accord devenait illégal et qu’il fallait le dénoncer.

Et que vous a-t-il répondu?
Rien. Je pense que M. Papoulias considère qu’il n’a pas à disserter avec un parti qui fait 7% des voix. Il a tort. Notre percée spectaculaire atteste que nos idées et notre idéologie sont les bonnes et qu’elles séduisent les gens. Et ce n’est qu’un début. Nous sommes la rage populaire, le peuple en colère…

 
Source : L’Illustré.ch, 23 mai 2012.

Manuel Valls ne tolèrera pas de soi-disant théologiens prônant la haine du juif

Manuel Valls affirme, lors du diner du CRIF Marseille-Provence, qu’il luttera avec fermeté contre l’antisémitisme et les prédicateurs musulmans invités en France par des organisations musulmanes qui prônent la haine des juifs. Il invite le ministre du culte musulman Mohammed Moussaoui à la fermeté à cet égard.

Notons que  « Le Monde » n’indique pas ce passage important, alors que son confrère « La Croix » l’insère.

Nous espérons que ces paroles de Manuel Valls seront suivies d’actes concrets.

En effet, Europe Israël a saisi Manuel VALLS, Ministre de l’Intérieur, et Jean-Marc AYRAULT, Premier Ministre, par l’intermédiaire de son avocat Charles BACCOUCHE afin de demander l’interdiction du  « Parti Anti Sioniste » et l’annulation des candidatures, dont celle de Dieudonné, aux élections législatives.

Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, a déclaré lundi 21 mai qu’il n’accepterait pas la présence sur le territoire de « soi-disant théologiens » prônant « la haine du juif », lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de Marseille-Provence.

« En tant que ministre de l’intérieur, je n’accepterai pas que viennent sur notre sol de soi-disant prédicateurs, de soi-disant théologiens qui prônent, que ce soit avec des mots durs ou des mots doux, la haine du juif », a affirmé le ministre, qui faisait lundi à Marseille sa première sortie en province.

Evoquant les « organisations » qui les invitent, « il est temps qu’elles changent d’attitude et respectent les lois de la République », a ajouté M. Valls.

« LES FRANÇAIS DE CONFESSION MUSULMANE NE DOIVENT PAS ÊTRE STIGMATISÉS »

Saluant le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, présent dans la salle, comme un « homme de sagesse et de dialogue », le ministre l’a invité à la fermeté à cet égard.

La présidente du CRIF de Marseille-Provence, Michèle Teboul, avait auparavant fait respecter à l’assistance une minute de silence en hommage aux victimes des tueries de Toulouse et Montauban.

« Quand un juif de France est attaqué, c’est la République elle-même qui est attaquée. Toute agression perpétrée à l’égard d’une religion est une grave offense faite à la République et à ses valeurs », a dit le ministre de l’intérieur, ajoutant : « Dans la République, tout le monde doit avoir sa place, les Français de confession musulmane ne doivent pas être stigmatisés, ils sont la France et l’enrichissent. »

source Le Monde

… Manuel Valls, en tant que maire PS d’Évry, avait publié un communiqué s’inquiétant de cette venue et rappelant que le Qatari Youssef Al-Qaradaoui était « connu pour ses fréquents propos antisémites » et pour ses appels au « djihad, un devoir pour tous les musulmans ».

Lundi à Marseille, le nouveau ministre de l’intérieur a donc tenu à saluer le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, présent dans la salle, comme un « homme de sagesse et de dialogue ». Et l’a invité à la fermeté à cet égard.

La présidente du Crif de Marseille-Provence, Michèle Teboul, avait auparavant fait respecter à l’assistance une minute de silence en hommage aux victimes des tueries de Toulouse et Montauban.

« Quand un juif de France est attaqué, c’est la République elle-même qui est attaquée. Toute agression perpétrée à l’égard d’une religion est une grave offense faite à la République et à ses valeurs », a assuré le ministre de l’intérieur, ajoutant : « Dans la République, tout le monde doit avoir sa place, les Français de confession musulmane ne doivent pas être stigmatisés, ils sont la France et l’enrichissent ».

source La Croix

Copyright © Europe Israël Reproduction autorisée avec la mention et un lien vers la source

Israël, cheval de Troie ou bouc émissaire (part. 2)

Primo Info avait proposé la mise en ligne d’une allocution de Ferhat Mehenni datant de 2005. Le texte n’a rien perdu de son actualité

Israël,  cheval de Troie ou bouc émissaire

Pour les Algériens, en général, Israël est, à coup sûr, le mal absolu érigé en état.

Pour le commun d’entre eux, il est l’émanation la plus perfide des Chrétiens et de l’Occident, leur poste avancé dans la région, pour détruire l’islam et le « monde arabe ».

Par conséquent, la guerre contre lui serait légitime et pourrait être considérée comme une guerre sainte dont la finalité qui est sa destruction, devrait aussi s’accompagner de l’extermination des Juifs.

Ainsi, il n’est pas rare de rencontrer des individus regrettant qu’Hitler, en son temps, n’ait pu aller au bout de ses horribles projections.

Les principaux responsables de cet état de fait ne sont autres que les plus hauts dirigeants du pays qui, depuis des décennies, font du matraquage médiatique contre Israël une préoccupation de tous les instants.

C’était, je me souviens, à l’occasion de la guerre des six jours (juin 1967) que Boumediene, en expédiant au Moyen Orient un contingent d’élite de l’armée algérienne composé presque exclusivement de Kabyles qu’il aimait tant envoyer au charbon, avait déclaré : « Nous sommes avec la Palestine, qu’elle ait tort ou raison !».

La messe était dite.

A partir de cette date, es propos officiels diffusés par les médias contre Israël étaient d’autant plus redoutables qu’ils ne souffraient d’aucun contre discours à même d’en tempérer la teneur chez nos compatriotes.

C’étaient des incitations quotidiennes à la haine des Juifs, assimilés collectivement à « l’entité sioniste », expression par laquelle était désigné Israël dont l’Algérie ne reconnaît toujours pas l’existence et qu’elle accuse de tous les maux sur la terre.

Le parti unique était l’opinion unique. Sans être « psy », chacun peut deviner les ravages que de tels messages peuvent générer comme réflexes et attitudes négatives chez les individus et les groupes qui leur étaient soumis.

Malgré cela, une frange de la société, particulièrement la Kabylie, et quelques rares élites refusaient d’en être victimes.

En effet, au lendemain de l’inattendue poignée de main à Rabat entre Ehud Barak et Bouteflika, derrière le cercueil du roi Hassan II, des journalistes d’Alger décidèrent de se rendre en septembre 1999 en Israël.

Ils voulurent dédramatiser le contact avec ce pays et ouvrir la voie à une relation d’état à état. L’initiative tourna court. Ce fut un tollé général dans les médias publics et arabophones et jusqu’à la présidence de la République qui les accusèrent de « haute trahison » suite à ce voyage chez « l’ennemi ».

En septembre 2003, en acceptant une invitation de m’exprimer sur un plateau de TFJ, pourtant télévision française, j’avais reçu de nombreuses menaces de mort. Comme vous le constatez, je suis toujours vivant. Hélas ! Ce n’est plus le cas pour mon fils aîné qui a été assassiné le 19 juin 2004 à Paris.

En cultivant la haine du Juif en Algérie, l’état est parvenu à y instaurer un terrorisme politique et intellectuel qu’il est encore très dangereux de braver.

Quant à la Kabylie qui est opprimée au nom de l’arabo-islamisme, elle espérait en vain depuis longtemps un regard, une compassion de la part de la communauté internationale, Israël compris, pour aller de l’avant, défendre ses droits démocratiques et ses enfants.

De ce fait, elle n’hésite pas, souvent par défi au régime en place, à exprimer dans la rue son soutien à l’état hébreu.

Le 22/12/01, lors d’une manifestation à Tizi-Ouzou, l’une des capitales de la Kabylie, j’étais le témoin privilégié d’un événement que je croyais jusque là impossible.

Lors d’une marche de protestation contre l’arrestation de quelques délégués populaires kabyles, un très grand carré de jeunes manifestants qui se faisait filmer devant l’hôpital de la ville, scandait en arabe, d’une seule voix : « Djich, chaab, maa-k a Sharon ! », c’est-à-dire, « l’armée et le peuple sont avec toi Sharon ! ».

Dans un pays dit arabomusulman, c’était plutôt osé.

Ce n’était là, bien sûr, que la monnaie de la pièce rendue au parlement algérien qui, quelques jours auparavant, avait observé une minute de silence à la mémoire du jeune palestinien tué par une balle perdue de l’armée israélienne, (L’affaire Al Dura, qui a connu depuis d’autres développements et conclusions, ndlr Primo) alors que nos députés avaient superbement ignoré la centaine de jeunes manifestants Kabyles que les gendarmes algériens venaient d’abattre de sang froid.

Autrement, le peuple kabyle souhaite vivement que la paix se fasse entre Israël et ses voisins.

Cependant, si Israël est un véritable bouc émissaire pour les masses arabes, il est aussi un excellent Cheval de Troie pour leurs dictatures en place.

En manipulant leur opinion publique à travers la condamnation quotidienne du « sionisme », ces régimes se re-légitiment en permanence et repoussent chez eux, chaque jour un peu plus, l’échéance d’une ouverture démocratique et d’une alternance au pouvoir.

En Algérie, il est courant de faire diversion à l’intérieur du pays en associant Israël à la Kabylie pour légitimer la répression contre celle-ci et contre l’émancipation du peuple kabyle.

En se révoltant en 1980, la Kabylie fut accusée d’avoir été à la solde de l’étranger et du…Mossad. C’est ce genre de dérive qui, petit à petit, a amené l’Algérien moyen à prendre les Kabyles pour de nouveaux Juifs et la Kabylie pour un autre Israël.

Bouc émissaire, Israël l’est aussi pour la France de ces toutes dernières années qui estime qu’il est au service exclusif des Etats-Unis, contre les intérêts de l’Europe en général et de l’Hexagone en particulier.

C’est, entre autres, sous cet angle de vue que l’on peut comprendre la relance de la « politique arabe » de la France chiraquienne. Dans ce cas, la Palestine et les Arabes ne seraient, à leur tour, que son cheval de Troie.

En fait, de notre point de vue, Israël et la Palestine sont disposés de manière symétrique sur l’échiquier international.

Quand l’un est le bouc émissaire d’un pays, l’autre en est son cheval de Troie et inversement.

Dans l’imbroglio des intérêts géopolitiques du monde d’aujourd’hui, on fait toujours, qu’on le veuille ou non, le jeu de quelqu’un d’autre. Tout dépend de quel côté on se place. Avec les très nombreuses interférences et interactions des acteurs internationaux, il est difficile de se soustraire au statut de coupable idéal.

Celui qui parmi ces derniers détient la puissance médiatique sur un territoire donné y désigne l’accusé et prononce la sentence.

Malgré cet état de fait, doit-on pour autant renoncer jusqu’à sa propre existence pour ne pas encourir les foudres de guerre de ceux dont on contrarie les desseins et à la volonté desquels on refuse de se plier ?

Pour ne pas être taxé de pion d’un côté ou désigné comme victime expiatoire de l’autre, devrait-on se laisser faire dans un monde où il n’y a pas de place pour les faibles ?

Ne devrait-on pas plutôt regarder chaque partie d’un conflit pour ce qu’elle est pour elle-même et non pour les autres, pour ce qu’elle revendique et non pour ce dont on l’accuse ? Il y a certes des « marionnettes » politiques un peu partout, dans chaque pays et à travers le monde entier.

Mais force est de reconnaître que les acteurs qui en acceptent le rôle ne le font que par intérêt, par diversion et rarement sous la contrainte.

En vérité, non seulement ils ne se laissent pas faire mais ce sont eux qui manipulent le marionnettiste.

Dans cet ordre d’idées, je pense qu’Israël et la Palestine sont des acteurs majeurs qui n’ont aucunement besoin d’aller prendre leurs ordres chez l’Occident ou chez les pays arabes et/ou islamiques, tout comme la Kabylie qui revendique son autonomie régionale n’est inféodée qu’à sa propre aspiration à vivre dans la dignité, la liberté, la démocratie et la paix.

En réalité, chacun d’entre ces deux acteurs agit en fonction de ses propres intérêts et non en fonction de ceux de ses pseudo tuteurs.

Le monde politique gagnerait énormément à se départir de ce réflexe manichéen qui consiste à diaboliser tout adversaire ou tout acteur pour lequel on n’a pas encore prévu de case dans laquelle il serait neutralisé.

Chaque peuple a le droit de vivre sur sa terre et d’être respecté par son environnement dès lors qu’il respecte lui-même celui-ci.

C’est de cette façon que le monde deviendra celui de la paix à la place de celui de la guerre, celui de la coopération et du dialogue entre les peuples plutôt que celui des conflits et des égoïsmes, celui de l’ouverture sur les autres au lieu de celui des replis sur soi.

Assemblée Nationale française, colloque AFIDORA, le 27/05/2005
Ferhat MEHENNI, actuel Président du Gouvernement Autonome de Kabylie

 

Source : Primo Info

Mehenni Ferhat, le président du Gouvernement Provisoire Kabyle, en Israël (part. 1)

Le président du Gouvernement Provisoire Kabyle, Mehenni Ferhat, accompagné du Ministre des Relations Internationales, M. Lyazid ABID effectuent depuis dimanche 20/05/2012 une visite officielle en Israël.

Un agenda très chargé en rencontres politiques et diplomatiques est en voie de réalisation.

Dès son arrivée à Jérusalem le marathon de la délégation kabyle a commencé en cette fête de la ville sainte avec son accueil par l’ex ambassadeur d’Israël en Mauritanie, M. Yigal Carmon, au siège de MEMRI (Middle East Media Research Institute).

Le matin, la délégation a été reçue à la Knesset par son Vice-président M. Danny Danon avec lequel elle a eu une entrevue sur la situation en Kabylie et le sort fait au peuple kabyle par le régime  d’Alger.
La réaction du Porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères algérien cache mal le déni d’existence opposé par le régime algérien à la nation kabyle qui aspire à la maitrise de son destin par lui-même et à sa liberté.

L’agenda en Israël continuera à être honoré par les deux personnalités de premier rang de la Kabylie jusqu’à jeudi 24/05/2012 au soir.

NDLR :
Ferhat Mehenni a formé le 1er juin 2010 à Paris un «Gouvernement provisoire kabyle» (Anavaḍ Aqvayli Uεḍil en Kabyle). Ce gouvernement, se compose de neuf ministres.

Il s’est autoproclamé et formé à Paris par le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie et vise à promouvoir l’autonomie de la région kabyle vis-à-vis de l’État algérien.

Un mouvement prônant l’autonomie de la Kabylie : « pour ne plus subir l’injustice, le mépris, la domination du gouvernement d’Alger », selon ses responsables.

« Niés dans notre existence, bafoués dans notre dignité, discriminés sur tous les plans, nous nous sommes vus interdits de notre identité, de notre langue, et de notre culture kabyles, spoliés de nos richesses naturelles, nous sommes, à ce jour, administrés tels des colonisés, voire des étrangers en Algérie », a dénoncé dans un communiqué Ferhat Mehenni, 59 ans, également président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), formé en 2001.

« Aujourd’hui, si nous en sommes à mettre sur pied notre gouvernement provisoire, c’est pour ne plus subir ce que nous endurons d’injustice, de mépris, de domination, de frustrations et de discriminations depuis 1962 », date de l’indépendance de l’Algérie par rapport à la France, a-t-il ajouté.

La Kabylie et Israël.
Ferhat Mehenni a toujours été d’avis que la Kabylie et  d’autres nations berbères n’ont rien à voir dans le conflit israélo-arabe. Il a constamment exprimé son intérêt pour Israël comme un pays libre et démocratique.

La Kabylie est la plus importante région berbérophone d’ Afrique du Nord. C’est une zone compacte, environ de la taille d’Israël (26 000 kilomètres carrés).  7 millions de Kabyles composent sa population. Elle est ethniquement et linguistiquement homogène. Il y a une population Kabyle supplémentaire de 3 à 4 millions d’âmes dans le reste de l’  Algérie et une diaspora de 2 millions de personnes en Europe (France, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni) et en Amérique du Nord (Canada, États-Unis). La population mondiale des Kabyles  est d’environ 12 millions.

Comme les autres berbères, les Kabyles ont été islamisés progressivement au fil des siècles, mais conservent de nombreuses traditions préislamiques . Certains Kabyles  se réclament de racines juives ou chrétiennes ; en fait, plusieurs enclaves entièrement juives existaient jusqu’au XIXe siècle. Depuis le XXe siècle, les Kabyles ont tendance à être plus laïques que la plupart des autres groupes en Afrique du Nord.

La Kabylie est une région montagneuse et pauvre située à l’est d’Alger, foyer traditionnel de contestation. Les Kabyles, qui parlent une langue berbère différente de l’arabe (le tamazight), militent depuis l’indépendance de l’Algérie pour la reconnaissance de leur langue et leur culture. Au total, les berbérophones d’Algérie (Kabyles, mais aussi habitants du Mzab et des Aurès) représentent de 25 à 30 % de la population algérienne.

Source : Guysen News – Communiqué de M. Makhlouf Idri, Porte-parole de l’Anavad

Ô Jérusalem, notre amour éternel – Par Freddy Eytan Général

Au moment ou nous célébrons la réunification de Jérusalem, des questions se posent dans le monde arabe et dans les capitales occidentales sur l’avenir de la capitale légitime de l’État d’Israël et du peuple juif. C’est l’enjeu même du conflit et la pierre d’achoppement décisive des négociations de paix. Nous devons donc être préparés dés à présent pour la bataille diplomatique et nous montrer à la fois réalistes et pragmatiques et se doter de nerfs d’acier.
Ainsi est-il utile de se justifier chaque fois sur notre attachement à Jérusalem et sur le fait qu’elle est la seule capitale des Juifs. Inutile aussi de battre sans cesse le rappel de la Bible et du célèbre chant des exilés de Babylone(Psaume 137); d’expliquer toujours que depuis 3000 ans, nos ancêtres ont vu partir de la ville, Assyriens, Babyloniens, Romains, Croisés, Turcs, Britanniques et Jordaniens…Que chaque jour, nous nous prosternions devant le mur des Lamentations, et que nous  prions trois fois quotidiennement pour la rédemption et la reconstruction du Temple.
Que les Musulmans ont déjà la Mecque et que jamais une ville sainte n’a été choisie par eux comme capitale. Que les Chrétiens ont déjà Rome et Constantinople…
Tous ces arguments traduisent la réalité, mais malheureusement de puissants pays tels que les Etats-Unis, la France, la Russie, le Canada ou la Grande Bretagne protestent depuis 1967 jusqu’ à ce jour que nous exercions notre souveraineté sur la ville sainte. Depuis la création de l’État d’Israël en 1948, ces pays s’abstiennent d’ouvrir une ambassade à Jérusalem. Pourquoi dans le contexte actuel ni le président Obama et ni le président Hollande n’ont-ils pas fait ce geste en effaçant ce honteux « Corpus separatum » et en déplaçant leurs ambassades à Jérusalem? Qui donc accueille les chefs d’État à Jérusalem, sinon leur ambassadeurs venus tous de Tel-Aviv? Les  lettres de créances ne sont-elles pas toujours remises à Jérusalem au président de l’État d’Israël! Quelle tragi-comédie et quel double jeu de la part de chancelleries amies? Jusqu’à quand va-t-on accepter la politique de l’autruche?
La paix avec l’Égypte et la Jordanie, les pourparlers en cours avec les Palestiniens et les relations diplomatiques avec le Saint-Siège auraient dû amplement suffire pour que les pays occidentaux « ces amis fidèles’ d’Israël s’installent officiellement dans la capitale israélienne? Combien de concessions faudra t-il encore faire?
Les chancelleries occidentales et l’Autorité Palestinienne doivent se faire une raison: de même que Berlin-Ouest n’était pas la capitale de la République fédérale allemande, il n’y aura pas deux capitales qui porteront le nom de Jérusalem.
Il existe une soixantaine de solutions envisageables sur la question de Jérusalem. En dépit des problèmes sécuritaires, nous pouvons nous réjouir d’un constat éloquent et positif de la politique israélienne: depuis 1967 les Palestiniens vivant dans la vieille ville circulent en toute liberté et ont choisi de bon gré la citoyenneté israélienne; Ils reçoivent comme tous les Israéliens des allocations familiales et ils bénéficient de soins médicaux les plus sophistiqués. Ils sont présents avec leurs enfants dans les quartiers modernes de Jérusalem-ouest, dans les jardins publics et les espaces de jeux ainsi que dans les centres commerciaux.  C’est un début de tolérance exemplaire et de tolérance unique dans un environnement hostile. Enfin, les Lieux saints demeurent ouverts et libres  pour toutes les religions et toutes les communautés.
Face aux appels au Jihad et les menaces de l’Iran et des extrémistes de tous bords, nous devrions demeurer vigilants et pragmatiques sur l’avenir de Jérusalem, sinon la poudrière religieuse explosera et nous risquerons alors de nous lamenter sur la destruction du Troisième temple, ô Jérusalem!

Interview de Frédéric Encel : « Il n’existe quasiment plus de +puissance arabe+ » Propos recueillis par Arnaud Israël – JSSNews

Posted: 22 May 2012 01:58 AM PDT

Docteur en géopolitique habilité à diriger des recherches (HDR).  Professeur de relations internationales à l’ESG Management School
Maître de conférences à Sciences-Po Paris. Directeur de séminaire à l’Institut français de géopolitique. Consultant en risques-pays. Frédéric Encel était l’invité, le lundi 14 mai du B’nai B’rith de Lyon (loge Robert Lehmann-Itshak Rabin). Le lendemain il a accepté de répondre par téléphone à quelques unes de nos questions concernant les révoltes arabes.

JSSNews  : Pour commencer l’entretien Monsieur Encel, la différence sémantique entre les révoltes arabes et les révolutions arabes est bien sûr pertinente, mais cette différence s’arrête-elle selon vous au fait que ces soulèvements restent encore inachevés, ou peut-on pousser l’analyse plus loin ?
F. Encel : Tout d’abord je crois qu’il ne s’agissait pas de révolutions parce qu’il n’y avait pas de thématiques vraiment révolutionnaires. On a entendu très souvent «Ben Ali dégage », « Moubarak dégage», « Kadhafi dégage » et les mots justice, pain, liberté, tout cela est très intéressant c’est certain, mais cela ne constitue pas un corpus thématique ou idéologique conforme à une révolution.

Alors un ras le bol général oui, mouvement d’opinion, mouvement d’exaspérations multiples c’est vrai, mais qui ne s’est pas inscrit dans un véritable corpus révolutionnaire. De la même manière, il n’y avait pas de chefs révolutionnaires patentés pour une raison simple, les opposants à Ben Ali, Moubarak et Kadhafi étaient en exil ou en prison, ou alors ceux-ci avaient été assassinés au cours des dernières décennies.

On a donc assisté à quelque chose de très spontané. A priori je n’emploie pas le terme de révolution, mais celui de révolte ou de printemps arabe, le terme révolte ayant une autre signification que le terme révolution d’un point de vue sémantique. Le concept de révolte est beaucoup plus pointu. Plusieurs révoltes constituent souvent une révolution. Il y a effectivement eu un moment de révolte, mais qui n’a pas été très militarisé. Celui-ci a été un petit peu violent dans la seconde phase en Égypte, il ne l’a quasiment jamais été en Tunisie. Cela étant dit, il y a bien évidement dans plusieurs villes de Syrie aujourd’hui, comme en Lybie hier, une véritable révolte qui a fonctionné sans qu’on puisse là non plus parler de véritable révolution.

Je pense donc qu’on doit distinguer les deux termes, le « printemps arabe », me semble t-il, est différent de ce qu’ont été les révolutions dans les républiques soviétiques de l’ex URSS.

JSSNews : Pouvez vous nous éclairer sur les différences notables que vous percevez entres ces pays aux coutumes, aux traditions, et aux régimes politiques fort disparates, mais qui ont pourtant vécu simultanément les soulèvements populaires ?

F. Encel : Oui, je pense qu’il y a eu deux types de moteurs principaux : le social et le politique, même si les deux se rejoignent très souvent.

En Tunisie, c’est le moteur social qui a joué le rôle principal. D’abord Bouazizi [1] était exaspéré, en particulier bien sûr par la dictature de Ben Ali, mais surtout par le système de corruption, d’immobilisme, et de clientélisme qui le broyait littéralement. Donc dans ce pays, on a surtout eu affaire à une révolte, ou à une exaspération de type social.

Ceci est également vrai en Egypte. Moubarak n’était peut être pas très apprécié, c’est même une certitude, mais la population en pleine croissance démographique était exaspérée par la non-redistribution des richesses. Or celles-ci existent, l’Egypte vend du pétrole.

Le moteur est peut être plus politique que social dans un pays comme la Lybie, où là, la pauvreté est bien moindre qu’en Tunisie ou en Egypte. En effet, l’état libyen est très riche, alors, il n’y a peut être pas beaucoup de redistribution, mais là je crois qu’on a vraiment eu affaire à une exaspération face à la répression tous azimuts de Kadhafi. Ce dernier était là depuis plus de quatre décennies, dépassant largement (en terme de longueur de règne) Ben Ali, Moubarak, et Assad aujourd’hui.

De même en Syrie, où le problème est moins social que politique, on a là pour le coup une vraie révolte sur une base communautaire sunnite face aux alaouites. Il y a une jeunesse et une population plus éduquée qu’en Lybie par exemple, et de loin.

Ce sont ces deux moteurs principaux qui ont façonné ces révoltes, l’aspect social en ce qui concerne la Tunisie et l’Egypte et l’aspect politique concernant la Lybie et la Syrie.

[1] Mohamed Bouazizi était un vendeur ambulanttunisien dont la tentative de suicide par immolation le 17 décembre 2010 conduisit à son décès deux semaines plus tard. Il est à l’origine des émeutes qui ont déclenché la révolution tunisienne, évinçant le président Ben Ali du pouvoir. Suite à son geste, les révoltes se sont propagées dans d’autres pays arabes. Ce phénomène a ensuite été connu, par extension, sous le nom de « printemps arabe ».

JSSNews : Trouvez- vous légitime de dire que le printemps arabe s’est transformé en «hiver des désillusions» ? Est ce prématuré pour l’instant de porter ce type de jugement, est-ce se montrer trop pessimiste, ne pas laisser leur chance aux peuples arabes à moyen ou long terme ? Cette interprétation entretient-elle ce qu’une certaine gauche considère comme des «fantasmes» occidentaux concernant l’islamisme, ou est-elle plus que jamais d’actualité ?

F. Encel : Non, je pense effectivement qu’il est un peu prématuré (pour l’instant) de considérer qu’on est passé du « printemps » à « l’hiver ».

Si des scrutins transparents et honnêtes avaient été organisés, les islamistes l’auraient emporté, ils étaient la seule force politique cohérente, la seule force qui avait continué à faire de la politique.

Les islamistes faisaient de la politique dans les mosquées certes, mais pas dans la rue, ni sur les forums où c’était interdit. Eux seuls avaient maintenu leurs réseaux et faisaient du social. Ils disposaient d’une vraie « virginité politique » parce qu’ils n’avaient jamais eu le pouvoir.

Et puis depuis les années 70, il y avait eu une lame de fond identitaire et sociétale des islamistes, qui d’ailleurs ne touchait pas que l’islam. [Il y a en effet une lame de fond identitaire qui touche à peu près tous les continents et tous les groupes religieux et ethno-religieux].

C’est pourquoi seuls les naïfs ont pu croire que les islamistes n’auraient pas tout ou partie du pouvoir.

Par ailleurs c’est effectivement un peu prématuré parce que « toutes les révolutions dévorent leurs propres enfants », selon l’expression consacrée, et je dirai s qu’il faudra voir ce que feront les islamistes du pouvoir qu’ils sont en train de gagner de manière démocratique. S’ils n’en font rien, s’ils ne font rien de plus que ce qu’en ont fait leurs prédécesseurs qui viennent d’être abattus, alors ils tomberont à leur tour.

En revanche, je ne partage pas du tout l’analyse de certains commentateurs complaisants avec l’islamisme qui disent, comme vous le faisiez remarquer : « c’est un fantasme occidental, les islamistes ne sont pas si méchants que ca, ils ne sont pas si dangereux ». Bien entendu que les fondamentalistes sont dangereux. Les salafistes en Egypte qui ont fait 25% des voix sont de véritables fanatiques. C’est le cas aussi pour les branches radicales des Frères musulmans dans plusieurs pays, notamment en Egypte. On pourrait également parler du Pakistan, même si ce n’est pas un pays arabe. D’ailleurs on le voit bien en Tunisie, avec ce qui s’est déjà passé à plusieurs reprises dans les universités ou dans les théâtres vis à vis des femmes, des homosexuels, ou des minorités.

D’une certaine manière c’est un véritable hiver qui est en train de s’abattre sur une partie des populations dans ces pays là, mais enfin, comme l’aurait dit Berthold Brecht : « on ne dissout pas le peuple ». Des élections démocratiques ont eu lieu, ont lieu, et auront lieu encore, par exemple en Lybie ces prochaines semaines et ces prochains mois, et tous les scrutins donnent largement (pas de manière étriquée, mais très largement) la majorité aux différentes tendances islamistes.

Donc pour résumer, je dirais qu’on n’a pas d’autres choix que d’attendre, de s’accommoder de la situation, et de voir ce que nous réserve l’avenir.

JSSNews : L’action entreprise en Syrie par une Ligue arabe quasi moribonde n’est-elle pas avant tout un échec patent pour un leadership cohérent du monde arabe ? N’est ce pas un miroir de son incapacité structurelle à se construire une image de partenaire indispensable sur l’échiquier international ?

F. Encel : La réponse est oui, bien entendu. La Ligue arabe est dans une situation parfaitement catastrophique. En apparence, la Ligue arabe est composée de 23 états membres très riches, qui sont des puissances pétrolifères importantes comme l’Arabie Saoudite et les monarchies sunnites du Golf arabo-persique tels Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, le Koweït et le Qatar.

En réalité tout cela n’est qu’un vernis, les monarchies arabes du Golf, qui sont par ailleurs protégées par les Américains, les Anglais et les Français, tremblent littéralement devant la montée en puissance de l’Iran.

Il n’existe quasiment plus de « puissance arabe » en tant que telle. Il y a une véritable schizophrénie politique entre deux blocs. Un bloc plutôt radical envers Israël, et un bloc qui craint par-dessus tout l’Iran chiite.

Le bloc radical, baptisé « front du refus », je pense notamment à l’Algérie, au Soudan, ou à la Syrie, (ou plutôt ce qui reste de la Syrie), fait face à Israël et à l’occident. Le problème de ces états étant qu’ils sont très dispersés et très affaiblis. Le Soudan est très affaibli par la sécession du sud Soudan où se trouve le pétrole. L’Algérie, elle, est très éloignée géographiquement du Proche Orient.

Et puis vous avez le deuxième bloc, le bloc arabo-sunnite du Golf, (la Syrie et le Liban étant vraiment des cas à part), qui craint comme la peste l’expansionnisme pan-chiite iranien.

Il ressort donc de tout cela une sorte de cacophonie permanente. Les états de la Ligue arabe ne réussissent plus à s’entendre ces dernières années, y compris à propos du conflit israélo-palestinien. Je dirais qu’il y a des rivalités très fortes entre ces deux blocs d’états au sein même de la Ligue arabe. Je pense bien évidemment à l’Algérie et au Maroc, mais aussi à quelques autres. Le « printemps arabe » à renforcé l’instabilité et l’incertitude politique avec l’arrivée d’islamistes totalement inexpérimentés au pouvoir.

Certains états arabes connaissent une véritable guerre civile, comme au Yémen ou en Syrie. D’autres se sont complètement effondrés comme en Somalie par exemple.

La Ligue arabe aujourd’hui est un groupe de pays extrêmement affaiblis, et cela en dépit du prix très élevé du baril de pétrole.

Clairement L’impéritie du monde arabe aujourd’hui est vraiment patente, elle est absolument évidente.

JSSNews- Parlons maintenant du cas syrien. Soyons réalistes, La Syrie n’est pas la Tunisie. Poutine affiche ostensiblement la nouvelle puissance de la Russie, c’est une question de parité stratégique avec les Etats-Unis. De plus les Russes se sont sentis piégés par la résolution 1973 de l’ONU sur l’utilisation de la force en Lybie. Ajoutons enfin que les livraisons d’armes rapportent gros, et que la base aéronavale de Tartous est éminemment stratégique. La persistance des Russes à maintenir coûte que coûte au pouvoir le régime d’Assad en Syrie laisse t-elle entrevoir à la communauté internationale un champ d’action possible, si étroit soit-il ?

F. Encel : Il n’y a effectivement pas de champs d’action possible en Syrie, précisément parce que les Russes défendront mordicus ce régime qui leur permet de disposer d’une base aéronavale à Tartous.

Quand on regarde une carte du grand Moyen Orient, (enfin, Méditerranée et Moyen Orient), on s’aperçoit très vite que les Russes ne disposent que d’une seule base dans cette gigantesque région éminemment stratégique.

Les Russes n’abandonneront pas la Syrie pour cette raison conjoncturo-structurelle. Entre la Syrie et l’ex URSS c’est quand même une très longue histoire. Les Russes ont très mal digéré la résolution 1973 de l’ONU en mars 2011, les Chinois aussi par ailleurs.

La volonté de remontée en puissance de la Russie, ce n’est pas très nouveau, cela date de l’arrivée au pouvoir de Poutine en 1999. Les Russes n’abandonneront pas les Syriens, cela quel qu’en soit le prix ou le nombre de victimes en Syrie.

C’est la raison pour laquelle on ne peut pas intervenir. Je n’imagine pas un seul instant les états occidentaux intervenir en Syrie, ni dans le cadre de l’OTAN ni à l’extérieur d’ailleurs.

De plus l’armée syrienne n’est pas comme l’armée tunisienne une « armée d’opérette ». Si elle était attaquée, la Syrie d’Assad pourrait parfaitement jouer la politique du pire et mettre le feu à toute la région, frappant la Jordanie, Israël, la Turquie, et l’Irak. Cela impliquerait une riposte de ces pays, (et des Etats Unis qui sont leur allié), je pense évidement à la faible Jordanie.

Les israéliens riposteraient forcément, on aurait une onde de choc sur l’ensemble de la région qui serait absolument catastrophique.

Il est donc certain qu’on n’interviendra pas en Syrie.

JSSNews : L’Egypte du maréchal Tantawi n’est que le prolongement de celle de Moubarak, ni plus ni moins, et les militaires sont (pour lors) toujours au pouvoir. Alors, l’Egypte se ré-islamise c’est certain, et les salafistes sont probablement encore plus radicaux que les Frères musulmans, mais les uns et les autres ne doivent-ils pas impérativement réfréner leurs ardeurs belliqueuses envers Israël ? Lors de l’arrivée au pouvoir, la réal-politique supplante les utopies n’est-ce pas ? Primo, il y a les très importants subsides américains qui sont corrélés aux accords de paix signés à Camp David, et secundo leurs capacités militaires ne leur permettent tout simplement pas de se lancer dans une guerre perdue d’avance ? D’un point de vue strictement géopolitique, ne peut-on pas faire le pari qu’ils sauront se montrer réalistes et pragmatiques considérant le gouffre abyssal qui sépare l’Egypte d’Israël tant d’un point de vue militaire que technologique ?

F. Encel : Espérons pour eux qu’ils sont pragmatiques.

Si en Egypte, l’alliance des Frères musulmans et des salafistes se décidait, en dépit de la modération de l’armée, à rompre les accords de camps David de 1978, et à s’attaquer à Israël, mal leur en prendrait.

Premièrement, l’Egypte serait seule, et deuxièmement, elle ne disposerait plus de la moindre aide des Etats-Unis, et ce, dès la dénonciation des accords de paix. Or quelle serait la force de l’armée égyptienne seule, sans la moindre aide américaine ?

Et puis évidement il y a le Sinaï démilitarisé qu’il faudrait franchir pour atteindre la frontière israélienne. Donc ce n’est pas envisageable sérieusement, enfin tout est toujours envisageable certes, mais pas avec des gens rationnels.

Si une nouvelle équipe gouvernementale, ou un nouveau régime, faisait l’immense bêtise de rompre les accords de Camp David, je crois que cela couterait extrêmement cher à l’Egypte.

JSSNews : Croyez vous que la «chape de plomb» imposée par le gouvernement israélien sur son administration pour éviter de se mêler des problématiques internes aux arabes et veiller à ne pas jeter d’huile sur le feu, a permis de limiter une éventuelle «paranoïa» (envers le Mossad en particulier), de la part des régimes arabes, mais aussi de leurs peuples ?

F. Encel: Ca, je ne le crois pas, parce que les rumeurs, les fantasmes, et le complotisme, sont toujours plus forts que la réalité.

En revanche, je pense que c’est assez sage de la part d’Israël d’avoir fait profil bas, contrairement à ce que racontent beaucoup de naïfs.

Si Israël avait soutenu les mouvements révolutionnaires ou les mouvements de contestation, cela aurait pu donner des armes terrifiantes, d’abord aux dictateurs au pouvoir, (à l’époque ou aujourd’hui) et puis surtout aux islamistes.

Les protestataires islamistes auraient dit : « On a compris, voilà par qui ils sont financièrement soutenus, dites nous qui sont leurs alliés et on vous dira qui ils sont, les régimes dictatoriaux sont soutenus par les Etats Unis et Israël ».

Les israéliens ont parfaitement bien fait de tenir un « low profile » comme on dit, et de ne pas en rajouter.

Un point tout de même, pour être parfaitement objectif, je ne suis pas certain que le gouvernement israélien soit favorable à la chute d’un certain nombre d’hommes d’état, fussent-ils autoritaires, dans ces pays. La chute de Moubarak a été une très mauvaise nouvelle pour Israël, et je pense qu’à certains égards, la chute d’Assad ne serait pas non plus une très bonne nouvelle pour les Israéliens. Assad présente aux yeux des Israéliens une seule qualité, mais une qualité très précieuse, c’est qu’il est extrêmement prévisible, comme l’était son père avant lui d’ailleurs. Il ne connait que les rapports de force brute. Tant que les Israéliens disposent d’un rapport de force militaire qui est supérieur aux Syriens, ils ne craignent rien, en revanche, le jour où le pouvoir changera de main, ce sera l’incertitude totale.

Si les islamistes sunnites arrivaient au pouvoir, on n’est pas du tout certain qu’ils seraient « aussi sages », c’est pourquoi je ne suis pas certain qu’Israël soit favorable à la chute d’Assad et d’autres dictateurs du monde arabe.

JSSNews : La condition des femmes est encore particulièrement précaire dans le monde arabe, (y compris depuis les révoltes), faut-il pour autant se concentrer d’abord sur les droits de l’homme dans leur ensemble, avant de s’attaquer aux droits de la femme en particulier ?

F. Encel : Cette question est à la fois tactique et philosophique.

Je pense qu’il faut défendre les droits de l’homme de manière générale, mais que les droits de l’homme passent de toute façon par les droits de la femme. Dans tous les cas de figure, lorsque vous faites face à des violations répétées des droits de l’homme, des « avertisseurs » se font entendre.

De manière générale, ce sont les minorités ethno-religieuses qui sont persécutées pour des raisons confessionnelles, ou bien ce sont les femmes, et souvent ce sont les deux en même temps.

Donc en ce concentrant sur le droit des femmes, en principe on favorise les droits de l’homme dans leur ensemble. C’est quelque chose qui me parait tout à fait évident.

Il faut défendre les femmes en tous points, parce que le droit des femmes préfigure presque toujours les droits de l’homme dans leur globalité.

JSSNews : Quels problèmes supplémentaires, s’il en était besoin, vont selon vous rencontrer à l’avenir les chrétiens coptes, maronites, ou autres assyro-chaldéens dans le monde arabe ?

F. Encel : Aujourd’hui dans le monde arabe, et d’ailleurs dans le monde arabo-musulman dans son ensemble, se pose le problème des minorités chrétiennes. Celles-ci partent les unes après les autres, par pans entier.

L’Irak a été à cet égard un exemple tout à fait désastreux.

Si le régime d’Assad tombe, les chrétiens de Syrie partiront en grand nombre je crois.

Les chrétiens du Liban, surtout les maronites, continuent de partir eux aussi. Cela pour des raisons davantage socioprofessionnelles, ils ont un niveau éducatif très élevé parce qu’ils sont dans des écoles d’élites, où Ils y apprennent notamment les principales langues étrangères internationales. Le problème étant qu’après leurs départs, en général ils ne reviennent pas au Liban.

Concernant les Coptes en Egypte, je serais moins pessimiste, parce qu’ils possèdent une masse démographique importante, ils sont probablement entre 8 et 10 millions. L’enracinement très profond et très ancien dans le pays leur permettra probablement de tenir encore longtemps, et puis les coptes ne se laissent pas faire.

Et puis, il y a aussi l’état d’Israël où les chrétiens sont libres.

En revanche, dans le reste du monde arabe, la situation des chrétiens est extrêmement préoccupante, et je suis très pessimiste en ce qui concerne la présence à long terme de ces communautés au Moyen Orient.

 

BDS: faut-il tolérer l’intolérance? Par Jonathan De Lathouwer

Remarquable texte d’un étudiant à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) à la suite de la reconnaissance officielle du collectif BDS par l’ULB, université qui a toujours été au premier plan des manifestations antiisraéliennes.

Cette situation ne s’est produite en France, nous espérons profondément qu’elle ne se produira pas et nous ferons tout pour l’éviter. Mais autant être averti. Le texte de Jonathan de Lathouver expose bien le problème: la revendication de liberté d’expression est un leurre  utilisé par les pires sectaires  adversaires de la liberté d’expression, suivant des formules bien connues dans l’histoire des totalitarismes. Ce qui s’est passé récemment à l’Université Toulouse le Mirail (voir là-dessus le témoignage de l’UEJF) en est une préfiguration. Nous n’avons pas le droit à l’angélisme. Cet article est une mise en garde.

Richard Prasquier Président du CRIF

« Accepter les campagnes haineuses du BDS dans le cadre des activités estudiantines, c’est violer le principe même de la liberté d’expression »

Ce lundi 21 mai, le conseil d’administration de l’ULB a finalement pris la décision de reconnaitre BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) comme cercle étudiant.

En tant qu’étudiant de l’ULB et défenseur du principe du Libre Examen, cette décision m’indigne.

BDS a déjà fait la preuve sur notre campus et en dehors de son fanatisme et de sa haine envers tout ce qui touche à Israël et à ceux qui ne l’exècrent pas ou ceux qui simplement défendent le droit à l’existence de cet état et à la sécurité de ses citoyens.

Le fanatisme de cette organisation va de pair avec son refus du débat contradictoire. Lors de ses opérations de distributions de tracts, les membres du BDS refusent le dialogue avec les “sionistes” en fait tout contradicteur.

La campagne BDS ULB a selon sa déclaration de principes « pour objet la sensibilisation et la mise en débat du conflit israélo-palestinien au sein de la communauté universitaire et plus largement dans les milieux académiques en Belgique via l’organisation de conférences/débats, etc. » Elle préconise également « un boycott des institutions sur les plans économique, académique et culturel qui cultivent des liens et collaborent avec la colonisation, quelle que soit leur nationalité.  […] L’idée étant de construire des ponts et de soutenir les forces progressistes en Israël en construisant un large soutien de la communauté internationale. Ces liens ne pouvant se renforcer qu’en élargissant les espaces de liberté, la liberté académique et la liberté d’opinion en Israël comme en Palestine. »

Le BDS parle de boycott de “ceux qui collaborent avec la colonisation”, il y a une ambiguïté volontaire entre “les colons idéologiques” qui s’implantent en Cisjordanie et le simple citoyen israélien vivant dans les frontières de 1967: en fait pour le BDS, tout Israélien est un “colon”, qu’il vive à Tel-Aviv ou à Hébron, qu’il soit né dans le pays ou récemment immigré. Le boycott préconisé par le BDS vise donc toutes les institutions israéliennes “académiques” et “culturelles”, c’est  à dire les universitaires professeurs comme étudiants, les écrivains comme les cinéastes, les sportifs comme les chercheurs scientifiques: tous sont “israéliens”, donc tous liés avec ou contre  gré avec la “colonisation de la Palestine”.

Mais que veut dire exactement l’expression “ cultivent des liens et collaborent avec la colonisation, quelle que soit leur nationalité.” ? Étant donné que près de la moitié du peuple juif se trouve en Israël, il est rare qu’un juif n’ait pas de lien familial avec des Israéliens. En fait cette formulation vise bien la quasi-totalité des juifs ainsi que les personnalités accusées de “complaisance” envers “les sionistes”.

Lorsque le BDS parle de renforcer les liens avec les “forces progressistes”, il ne vise pas les forces pacifistes en Israël comme le mouvement “La Paix Maintenant” , le parti de la gauche pacifiste Meretz, les libéraux soutenant la création d’un état palestinien à côté de celui d’Israël, tous opposés à la colonisation en Cisjordanie, non ces Israéliens-là sont boycottés comme les autres. Il s’agit plus prosaïquement de soutenir les quelques rares personnalités israéliennes soutenant la disparition de l’état israélien.

Au sein de Notre Alma Mater, est-il normal d’accorder  une reconnaissance et une honorabilité à une organisation dont  la finalité  est de faire la promotion d’un boycott, d’une censure et d’entraves aux libertés d’expression d’une partie de l’humanité parce qu’ils seraient étudiants, artistes, écrivains, professeurs, tout simplement citoyen d’un état démocratique haï?

La critique sans limites de toute politique y compris celle du gouvernement israélien est légitime. Mais nous est-il permis de laisser certains étudiants de notre Université en mettre d’autres au pilori en raison non pas de ce qu’ils pensent, mais simplement parce qu’ils sont israéliens.

Peut-on imaginer un cercle ulbiste boycottant les produits et étudiants turcs en raison de l’occupation d’une partie de Chypre par la Turquie ou sa politique envers la minorité kurde? un autre boycottant les étudiants et scientifiques chinois pour protester contre l’occupation du Tibet ?  Ou encore un autre boycottant les étudiants, écrivains et films américains pour protester contre l’impérialisme américain? Ou boycotter les étudiants hongrois pour la politique scandaleuse de leur gouvernement envers la minorité rom ? Ou les étudiants égyptiens et irakiens pour dénoncer les discriminations et persécutions dans leur pays de leur minorité copte ou chrétienne?

Au nom de la Liberté d’expression et du libre examen, doit-on tout tolérer? Est-il  acceptable de permettre à une forme d’extrémisme d’avoir cours sans entrave à l’ULB?  Il serait illusoire de penser que d’autres se chargeront de créer le débat ou qu’un courant de pensée libre-exaministe et démocratique pourra faire contrepoids à cette forme passionnelle d’intolérance. Dans un conflit si compliqué avec des victimes et des coupables de part et d’autre, le refus de l’écoute de l’autre et la pensée manichéenne doivent-ils être favorisés? Le boycott et l’exclusion peuvent-ils s’exercer aux dépens du rapprochement entre les peuples et de leur coexistence pacifique? Faut-il soutenir une organisation prônant le rejet de l’autre?

Permettre au BDS d’entretenir en permanence un climat de haine sur notre campus va à l’encontre même de nos principes fondamentaux.

Accepter les campagnes haineuses du BDS dans le cadre des activités estudiantines, c’est violer le principe même de la liberté d’expression (puisque permise à ceux qui imposent le silence à d’autres) et accepter la discrimination d’étudiants ou de professeurs en raison de leurs idées démocratiques et de leur origine

« L’antisémitisme ne résiste pas à la raison, au sentiment, oui ! » Thomas MASARYK, ex-Président de la République Tchécoslovaque, 1850-1937, par Arnold Lagémi

CSL-Europe-Israël.org

Ce que Mazaryk nous dit avec force, c’est que, dans la plupart des cas, l’antisémitisme  fait partie des cadeaux empoisonnés qu’on lègue à ses enfants, sans se poser de questions.    «  On n’aime pas les Juifs comme on n’aime pas la soupe trop liquide ! » disait-on jadis.

Ce n’est pas une plaisanterie. C’est une haine irréfléchie qu’on a reçue de son milieu, avec d’autres habitudes sociales. Elle vient des sentiments éprouvés.  Et rien n’est plus irrationnel que le sentiment, voire la sympathie ou l’antipathie.  Pourquoi ai-je de l’affection,   ou du ressentiment pour un tel que je n’ai vu qu’une fois et qui plus est, était en train de parler  avec quelqu’un d’autre que moi ?

La plupart des antisémites hésitent à donner des motifs  au ressenti antisémite, parce que la vraie raison est « Je ne les aime pas, c’est tout ! »

Par contre, l’exercice mettant en jeu, l’analyse, le raisonnement, taillera en pièces l’antisémitisme. Quoiqu’une forme pernicieuse de l’antisémitisme d’aujourd’hui, prétendant  se fonder sur la raison : L’antisionisme, exigera une démonstration habituée à la confrontation

Confronté à ce genre d’individus, il faut décortiquer l’argutie et montrer que derrière le mot apparemment rationnel se cache une pulsion, véritable flèche empoisonnée issue des profondeurs de l’être, qu’on ne pourra jamais assimiler à  la raison parce que la haine du Juif est si ancrée qu’elle est devenue l’expression la plus abjecte de l’irrationnel.

Arnold Lagémi

Thomas MAZARYK  dit:

« Les Juifs, ils me faisaient peur. Je croyais qu’ils avaient besoin de sang chrétien, et j’aimais mieux faire un détour de quelques rues, plutôt que de longer leurs maisons. Plus tard, je me suis réconcilié, tant bien que mal avec les Juifs.

Une année, nous faisions une excursion scolaire, sur les collines de Palava. Après le déjeuner à l’auberge, nous étions en train de nous amuser et de faire des bêtises, quand  un de nos condisciples, un Juif, disparut du côté de la cour. Je le suivis, par curiosité : il se  plaça derrière le battant de la grande porte, et là, le visage tourné vers le mur, il se prosterna et pria. J’éprouvai alors quelque honte à voir un Juif prier, tandis que nous, nous jouions.

Toute ma vie, voyez-vous, je me suis efforcé de veiller à ne pas être injuste envers les Juifs. On a dit alors que j’étais leur allié.

Quand ai-je surmonté cet antisémitisme populaire ?

Jamais peut être par le sentiment, mais seulement par la raison. Songez que ma propre mère me confirmait dans la croyance à la légende du meurtre rituel. »

Entretiens avec Masaryk par Carel Capek p 17. Traduit par Madeleine David . Paris-Stock – 1936

Source : Arnold Lagémi

La politique a ses raisons que la raison peine à expliquer…

MOBILISATION EXEMPLAIRE AU SERVICE DE LA NATION OU COMBLE DE LA MAGOUILLE POLITIQUE? L’oeil du diplomate : Daniel Shek, ancien Ambassadeur d’Israël en France.

w coalition 051112Mobilisation exemplaire au service de la nation ou comble de la magouille politique? C’est entre ces deux extrêmes que balance le cœur de l’Israélien étonné et perplexe face à l’accord surprise de Shaul Mofaz, fraîchement élu à la tête de Kadima, premier parti d’opposition du pays, de rejoindre le gouvernement de Benyamin Netanyahu. D’un coup, plutôt que de provoquer la chute du gouvernement et des élections anticipées, il assure au Premier ministre une majorité en béton de 94 députés sur 120.

En réalité les deux positions reposent sur des arguments de poids.
Pour les uns, il s’agirait d’un acte de responsabilité face à une situation difficile du pays. Certains choix primordiaux attendent ce gouvernement, allant d’une crise économique et sociale qui s’annonce (avec retard) à notre horizon jusqu’à la question du nucléaire iranien, passant par la volonté d’imposer le service national (militaire ou civil) à la population ultra-orthodoxe, la question des implantations sauvages et pourquoi pas? une reprise du processus de paix. Quoi de mieux que de les affronter avec un sens d’unité nationale? Et qui a besoin d’une longue campagne électorale qui donnerait sans doute Netanyahu gagnant une nouvelle fois?

De l’autre côté, on crie au scandale. Comment croire à l’angélisme de Mofaz qui publiait le 3 mars, pendant sa campagne des primaires, sur sa page Facebook la déclaration suivante: “écoutez-moi bien: je ne rejoindrai pas le gouvernement de Bibi. Ni aujourd’hui. Ni demain. Ni quand je serai à la tête de Kadima. C’est suffisamment clair?”, et qui hier, en conférence de presse disait l’inverse: “ne pas rejoindre le gouvernement était une faute historique de Kadima, faute que je corrige maintenant”? Il aurait simplement tiré le frein de secours alors que les sondages le donnaient en chute libre, pour gagner du temps en espérant se refaire une beauté avant l’échéance electorale prevue en octobre 2013.

Ceux dans Kadima qui, comme moi, avaient soutenu Tzipi Livni et son choix de ne pas rejoindre à tout prix un gouvernement qui ne compte pas faire avancer la paix avec les Palestiniens, ne peuvent que rester bouche bée devant ce volte-face. Nombreux commentateurs pensent que Mofaz a peut-être gagné 18 mois de vie politique, mais qu’à terme ce choix aura été le début de sa disparition de la scène. Ils estiment aussi qu’au-delà de la situation malsaine d’une majorité des trois quarts de la Knesset et l’impossibilité pour les dernières bribes de l’opposition de jouer son rôle, la stabilite inébranlable que le Premier ministre aurait obtenu pour terminer un mandat de longueur record à la tête du pays pourrait s’avérer factice. Le dégoût par rapport au monde politique qu’aura suscité cette combine politicienne au regard de beaucoup d’Israéliens, notamment des jeunes, risque de réveiller de plus belle le mouvement de protestation qui agitait les rues des villes israéliennes l’été dernier. Si l’opposition ne peut exister dans l’hémicycle, elle se manifestera dans les rues.

Tout de même, on peut y voir deux réels avantages. D’une part, l’objectif déclaré de cette grande union est de régler quelques grands dilemmes et surtout celui du système électoral israélien. Si ce nouveau gouvernement arrive à réaliser ce miracle auquel depuis des décennies beaucoup se déclarent favorables mais dont personne n’a le courage de réellement tenter de le réaliser, cela vaudra la mauvaise odeur qui plane au dessus du monde politique de mon pays ces jours-ci. Deuxièmement, avec une telle majorité, et avec la dilution de l’influence des partis religieux ou d’extrême droite, le Premier ministre Netanyahu n’a plus aucune excuse en ce qui concerne le processus de paix, les implantations ou les questions de laïcité. Comme le disait l’editorial du journal Haaretz, on ne pourra plus dire autour de Bibi qu’il souhaite faire avancer la paix, mais qu’il ne peut pas pour cause de contraintes politiques. Maintenant il le peut.

Et finalement, l’Iran. Certains voient dans cette opération politique une volonté de responsabiliser une aussi grande partie de l’échiquier politique que possible autour d’une eventuelle opération militaire contre les installations nucléaires. Certes, Shaul Mofaz s’est declaré maintes fois fermement opposé à une telle opération, mais… Bon, vous aurez compris…

Daniel Shek.

Source: Le Huffington post. Copyrights.